R E N C O N T R E R     L A     G R Â C E

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A toi mon frère,
A toi ma sœur,
A toi qui, un jour, entendras la Grâce frapper à ta porte.

 

Personne ne sait quand ce moment viendra.
Nous pouvons l’inviter chaque jour à déjeuner,
Mais il ne tient qu’à ELLE de s’installer à notre table.
Le Mystère demeure.

 

Mais sois en sûr/e,
À la fin…
Il ne restera pas un banquet qu’ELLE n’aura honoré de sa Présence

car la Grâce EST ta plus fidèle convive.

Peut-être LA crois-tu réservée à d’autres :

La Grâce est l’or des chercheurs de Dieu.
Peut-être penses-tu qu’ELLE n’appartient pas à ton monde.
Ou que tu n’en es pas digne.

 

Tant de bouches ignorent son Nom.
Alors même qu’ELLE les imprègne.

 

Mes parents ne m’ont en pas parlé.
Mais je touchais Sa Présence,
Derrière les cloisons et les portes de la maison.
Il me fallait parvenir à ma chambre,
Être prête à mourir,
Pour qu’ELLE puisse m’étreindre.

 

Je L’ai cherchée à l’école.
ELLE semblait avoir déserté ses bancs.
On ne m’a pas appris à LA connaître.
Assise pendant des heures, j’ai entendu bien des choses,
Pour finalement ne retenir que cela :
L’essentiel nous échappe car nous en avons peur ;
Et les mots restent des mots tant que nous ne les traversons pas.

 

Même au sein des églises, ELLE avait déjà été accordée :
Dieu est venu et a marché parmi nous.
Puis la Grâce s’en serait allée,
repartie là d’où ELLE vient.
Laissant aux plus assoiffés d’entre nous des gouttes de Silence,
seuls échos de son passage.

 

Mais vient un jour où ELLE se révèle à nouveau.

 

Ce jour-là, mon frère, ma sœur, j’ai beaucoup pleuré.
Le Ciel a inondé mes yeux.
L’Évidence devint Déluge.

 

Comme je LA croyais là … je ne pouvais que L’effleurer.
J’ignorais jusqu’alors qu’ELLE dansait EN Moi.

 

Que le temps paraît long lorsqu’on se vit séparé/ée.

 

Alors, mon frère, ma sœur, je te le dis,
Le jour où Elle prendra la dernière chaise vacante,
Ta Soif sera étanchée.
Tu ne tendras plus ta coupe car tu verras qu’elle ne peut être vidée.
Ta coupe déborde, la Source même en jaillit.

 

Avant de disparaître, réunifiée au creux d’un soupir,
la Grâce m’a confiée cette dernière Parole :
« Tu m’as crue dans la carafe … pourtant je ne t’ai jamais quittée ».