Margot

 

REPRENDRE UN SOUFFLE 

 

Comme tous les êtres présents sur cette planète, je suis venue goûter la Lumière que JE SUIS dans la matière. Le désir de cette expérience grandiose m’a fait reprendre un souffle le 18 septembre 1991.

La clairvoyance et la clairaudience qui se manifestent chez moi depuis l’enfance m’ont permis très tôt d’accéder à cet « au-delà » du monde apparent. Je me rappelle enfant m’être fait la réflexion que la Vie était « plus que cela », alors qu’assise dans le caddy poussé par ma mère, je voyais les rayons disparaître à mesure que nous arpentions les allées du supermarché. Ils « vibraient » et je les traversais les yeux fermés en souriant.

Le monde n’est pas que ce qu’il semble être ni ce qu’on m’en dit. Le vernis de la réalité convenue s’étiole … Je sens « quelque chose » vibrer, là… et en même temps derrière… Quelque chose qui maintient toute cette « réalité » ; je l’effleure sans jamais véritablement le toucher.

 

ENTRE DEUX EAUX : CETE SOURCE SI PROCHE, ET POURTANT SI LOIN

 

Je grandis avec ce sentiment de n’être pas de ce monde, tout en étant là ; l’impression d’être un extraterrestre atterri par erreur sur Terre.

« Sortir de mon corps » est aussi naturel que respirer. Je suis ici et en même temps absente. J’oscille perpétuellement entre deux plans que je ne relie pas encore.

Je ne peux pas me passer de cette sensation de dissolution totale en cet « espace » où tout se rejoint, se désunit, se projette pour se retrouver mais qui reste désespérément « là-bas ». Aussi évident que cela puisse paraître, je ne « fais » pas encore le lien car je me crois séparée.

Je suis cette Source oui, mais je ne le SUIS pas …

Cet au-delà dans lequel je m’évade au quotidien demeure bel et bien « ailleurs » malgré son évidente fusion et interaction continuelle avec notre monde de la forme.

À chaque « retour », la même question : pourquoi ne puis-je vivre cela ici ? J’entretiens la croyance que c’est impossible et me résigne.

Pourtant, je n’arrive pas à me résoudre à la « vie prête à l’emploi » servie à la sauce aigre douce à longueur de journée ; une vie dont je ne comprends ni les motivations, ni le sens.

Les enseignements de l’école ne répondent pas à mes questions essentielles et ne trouvent que peu de résonnance. Je m’ennuie beaucoup donc je « pars ». Tout en me proposant une collation à la Source, ces « évasions corporelles » ne me désaltèrent jamais longtemps. Comme une toxicomane, j’ai besoin chaque jour de ma dose ; plusieurs, c’est encore mieux ! La parcimonie s’éloigne en même temps que mon intérêt pour ce monde manifesté. Cette « fausseté » de la vie que je perçois devient la raison pour ne pas la vivre à pleins poumons. La « vraie » vie n’est pas de ce côté. Le jeu prend des tournures de drame au point que j’envisage à de nombreuses reprises de mettre fin à cette expérience pour apaiser enfin cette solitude béante et faire cesser ce sentiment de séparation.

J’ai tellement Soif, tellement Faim.

Je ressens une compassion infinie quand je me reconnecte à cette jeune fille puis femme aspirant de toute son âme à communier et réaliser Qui elle est.

J’ai Soif de Dieu, j’ai Faim de la Vie, d’une relation véritable aux « autres » telle que je la savoure quand j’échange avec Jésus, devenu un frère au quotidien. Que d’enseignements j’ai reçus, au cœur de nos silences.

A 17 ans, mes pas empruntent la voie du Reiki ; l’intuition qui m’habite se confirme : celle du potentiel infini de la Vie qui nous est accessible, à tous. Une voie parmi d’autres… Jusqu’à faire sauter la nécessité, passagère, d’une forme.

Il demeurait encore une frontière, si fine était-elle …  et vient un temps où la Vie ne peut plus souffrir d’être séparée d’elle-même.

 

LA PORTE DE L’ÉVEIL (JUILLET 2015), DE L’EXTÉRIEUR À L’INTÉRIEUR : LA FIN DE LA SOIF

 

C’est une simple phrase, prononcée par Matthias, dans un élan du cœur, pur et transparent, qui ouvre la brèche à cette expérience mystique nommée « éveil », dont nous ignorions jusqu’alors la signification.

Nous avons 24 ans et venons d’accepter l’évidence de cheminer ensemble. La Grâce s’invite à notre table ; en réalité, Elle avait toujours fait partie des convives.

En même temps, et pendant 7 jours, Matthias et moi regardons s’embraser les Toi(ts) de nos maisons.

Sans nécessité de nourriture ni de sommeil, le corps atteignant un niveau vibratoire vertigineux, je contemple dans la joie et la paix mes certitudes s’envoler, les unes après les autres.

Le masque tombe.

Mes croyances sur le monde se dissolvent, mon petit « moi », attaché à son histoire personnelle et à ses rôles, se fond dans l’Un.

Dieu marche à travers moi.

 

Il n’y a plus « d’autres », nulle part. En Vérité, il n’y en a jamais eu.

Le voile de la séparation s’est déchiré.

 

Le Je(u) révèle sa grandeur.

 

Je meurs les yeux ouverts ; je meurs à qui je croyais être.

Je (re)trouve ma voie au cœur du JE SUIS.

 

Tout a toujours été là… Tout est là… Et, Tout sera à jamais là.

 

Je n’ai plus Soif. Je n’ai plus Faim…

 

A PRÈS L’EXPÉRIENCE, LE RETOUR AU QUOTIDIEN ET L’INTÉGRATION : DE JUILLET 2015 À AUJOURD’HUI

 

A la fin de cette expérience, vide du « plein » et de pleine du « vide », je reprends comme je le peux le chemin de la maison. Je me rappelle avec émotion mon incapacité à choisir des vêtements alors que je sors faire des achats avec Matthias ; « je » n’ai pas de préférence, rien ne me plaît ou ne me déplaît, les vêtements SONT… et c’est bien tout ! Nous avons ri.

Depuis cet éclairage, je fais le choix, en conscience, de ne plus nourrir des fonctionnements relationnels entretenus depuis un espace de manque, de culpabilité et de honte. Je pose des actions à partir de ma référence intérieure, non plus à partir de celle des autres ni de ce qu’ils attendent de moi, ce que je n’avais jusqu’à présent que trop rarement fait. Je suis là d’une autre manière, ce qui laisse mon entourage dans une immense incompréhension, cette dernière générant beaucoup de souffrance car je ne réponds plus à l’image projetée de qui je suis. Je réalise que le glaive de la vérité peut séparer les personnes d’une même maison. J’apprends alors à embrasser mon enfant intérieur dont l’aspiration profonde de communion ne peut être totalement nourrie, sur un certain plan.

L’expérience est finie, la montagne à présent dans mon dos et devant ma porte m’attendent mes valises. Elles n’ont pas disparu, elles se sont ouvertes, éclairées. Commence alors un processus intense de guérison des blessures du passé auquel je ne m’étais pas encore attelée. La Lumière brûle, elle rappelle à l’Ombre d’où elle provient et la fait de nouveau sienne, en conscience. Parallèlement aux travaux de notre longère, une « rénovation » intérieure profonde est à l’œuvre. Des vagues d’épisodes et souvenirs douloureux remontent à la surface ; ces parts blessées ont besoin d’écoute, de dire avec vérité ce qu’elles vivent, encore au présent, d’instaurer un dialogue et d’être recueillies.

Je rends grâce pour toutes les pratiques rencontrées et intégrées à mon quotidien lors du plus grand engagement que j’ai pris envers moi-même : me libérer pour incarner qui et ce que je Suis. Merci … Byron Katie pour The Work (Margot Diskin), l’Onsei-Do (initiation d’Isabelle Padovani), la Communication Non Violente de Marshall Rosenberg (Michèle Guez) et la médecine quantique avec les roses transmise par Exi et Sonia Salvador.  

 

Cette intégration de ces fragments moi en souffrance au cœur du Soi conscientisé, ce Soi qui n’a jamais été atteint ni blessé, ouvre la voie à la libération.

 

Le cœur purifié peut enfin se déposer dans la Présence.

Chaque pas rejoint la marche silencieuse du Royaume qui, en se contemplant, laisse derrière lui un parfum d’éternité.

 

A la joie, immense, de rencontrer le Dieu que vous êtes,

 

Avec Amour,

 

Margot